Commission écoféminisme
Un article de decroissance.ch.
Copinage : Réseau Objection de Croissance (R.O.C) Suisse
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Brève présentation de l'écoféminisme reprise de Wikipédia
L’écoféminisme est une philosophie et un mouvement nés de l’union des pensées féministes et écologistes. Pour ce mouvement, le comportement de domination et d’oppression des femmes est le même que celui qui contribue au saccage environnemental. Dans les années 1970, des villageoises indiennes avaient fondé le mouvement Chipko, un mouvement de protestion contre la déforestation, exemplaire d'une action écoféministe avant la lettre.
Le terme écoféminisme fut publié pour la première fois en 1974 dans le livre de Françoise d'Eaubonne : "Le féminisme ou la mort" mais ses principes auraient déjà été énoncés en 62 par Rachel Carson, dans son livre Silent spring ("Printemps silencieux"). Par son retentissement, ce livre a contribué à l'interdiction du DDT aux États-Unis.
Une autre date importante est celle d'une conférence intitulée "l'écoféminisme et la vie sur terre" aux États-Unis en mars 80 (rappelons pour le contexte historique Three Mile Island, 1979). Les personnes présentes avaient adopté un manifeste sur les rapports entre les mouvements écologiques et les mouvements de femmes, entre la destruction de la nature, le militarisme, les discriminations et dominations subies par la femme.
Actuellement, dans l'écoféminisme ou plutôt les écoféminismes se dégagent deux pôles : l'écoféminisme spiritualiste (Starhawk, ...) ou l'écoféminisme matérialiste (Maria Mies, des économistes allemandes comme Claudia von Werlhof, Veronika Bennholdt-Thomsen...).
La variété de tendances féministes comme la variété de tendances écologistes donne lieu à un large spectre de possibilités, mais on remarque une tendance assez radicale par une jonction des analyses sur le patriarcat et le capitalisme.
Les courants politiques écoféministes sont vastes et surtout unis contre la la distribution inégale des impacts environnementaux du capitalisme et pour la justice sociale. Les recherches, ateliers et articles sur le sujet se multiplient, témoignant de la vitalité de ce mouvement.
Début d'investigation du groupe de travail *ecoféminisme* issu du ROC-GE
Le ROCGE (Réseau Objection de Croissance Genève) a décidé de créer une commission sur l'"écoféminisme", du fait que, vu que les implications de la décroissance et de la simplicité volontaire représentent un coup important en temps et énergie humaine - laver les couches, éviter les plats tous prêts, conduire les enfants à pieds à leurs activités, raccommoder les vêtements, etc. - il est indispensable de préciser que ces tâches ainsi valorisées ne doivent pas représenter encore un investissement supplémentaire pour les femmes mais que ce sont les hommes qui doivent les investir !
Ainsi, dans cette optique, les hommes ont un rôle important à jouer en s'emparant de ces tâches, en sortant des schémas habituels.
Par ailleurs, la question du divorce doit être questionnée, bien qu'il ne s'agisse pas de le remettre en cause, ce qui serait une posture pour le moins réactionnaire, mais néanmoins de constater qu'il entraîne une augmentation du nombre de foyers (car qui dit divorce, dit souvent déménagement de l'un des époux et création d'un nouveau foyer) et donc de consommation d'énergie avec des dépenses supplémentaires d'énergie (construction de logement, chauffage, consommation d'eau...). De plus le divorce précarise les femmes avant tout, lesquelles doivent souvent s'occuper seules de leurs enfants et renoncer ainsi à un travail et à la socialisation qu'il procure. Enfin, le divorce, en augmentation croissante dans nos sociétés, est le plus souvent demandé par les femmes: plusieurs raisons expliquent ceci, entre autre le fait qu'en quittant le rôle de la boniche à tout faire, les femmes risquent de provoquer chez leurs maris, entre autre, des réactions d'incompréhension totale et ainsi des couples peuvent se déchirer.
Le fait de valoriser les tâches ménagères (cuisine, travaux manuels, couture, etc.) en organisant des cours d'économie familiale obligatoires dès l'école primaire et naturellement pour les deux sexes, ainsi que le fait d'obtenir un congé parental à temps égal pour la femme et l'homme, et, enfin, le fait de mettre en place des actions visant à remettre en question la manière dont le corps de la femme est représenté dans nos sociétés (entre autre dans la publicité), permettront de marquer une rupture avec les modèles patriarcaux dominants.
La réduction du temps de travail, et dans un premier temps, la possibilité généralisée du travail à temps partiel est aussi un des moyens de valoriser des tâches qui ne le sont pas dans le système marchand.
Enfin, au sein de la commission, et de part nos expériences personnelles, nous avons tiré le constat que le modèle patriarcal de notre société, exacerbé par l’industrialisation, prônant la compétition et la loi du plus fort, était la cause principale de l’exclusion des femmes, de leur exploitation, comme le sont la nature et les ressources naturelles. Nous en avons déduit que par la lutte contre ce modèle de société, et donc par la décroissance, nous favoriserons nécessairement la cause des femmes. En prenant le problème dans l’autre sens, nous avons également ressorti l’idée qu’une vision plus féminine de notre société pouvait la changer durablement.
Le fait que l’homme soit de plus en plus impliqué dans la sphère privée permettra à la femme d’être davantage libre dans la gestion de sa vie professionnelle et familiale, et lui permettra aussi d’avoir plus de temps pour s’engager pour changer le visage de nos sociétés masculines. Pour cela il faut encore qu’elles aient des chances égales. Les mouvements féministes se battent pour une égalité des salaires à postes égaux et un changement des mentalités. L’égalité des congés paternité et maternité contribue également à considérer l’homme et la femme sur le même plan par l’employeur. Favoriser l’établissement de crèche, sur le lieu de travail ou à proximité, est également à défendre.
Nous en avons conclu que ces différentes actions des mouvements féministes devraient être soutenues par le ROC, offrant une solution concrète à courte échéance, mais nous ne devons pas nous limiter à cela et voir plus loin. Au delà de la parité, homme femme, c’est toute la cellule familiale, et ses repères, qui est détruite par la société individualiste actuelle basée avant tout sur les rapports marchands.
Lorsque nous voulons repenser la société, nous devons redéfinir ce qui constitue sa base, à savoir le noyau familial. Nous en sommes donc venus logiquement à réfléchir à un modèle de cellule familiale étendue, sous la forme d’une association, pouvant intégrer plusieurs couples et favorisant l’entre aide. Un peu comme ce que proposent les écoféministes avec leur volonté de revenir à des « éco-villages » de 100 à 140 personnes, ce qui, selon les anthropologues, serait historiquement la forme la plus fréquente et la plus stable de collectivité humaine. Cela permettrait à une famille en crise de recevoir le soutien direct de la communauté. Ainsi, une femme élevant seule ses enfants, par exemple, pourrait compter sur le soutien de la famille associative à laquelle elle serait liée (par sa volonté ou par l’état).
- Réflexion à poursuivre ! Le bilan de notre 3ème réunion est disponible : pour y accéder, cliquer en haut à gauche de cette même page, sur le bouton "Discussion" et n'hésitez pas à donnez votre avis, vos idées, sur le thème de l'écoféminisme ! Si vous voulez nous rejoindre dans notre approche de l'écoféminisme, écrivez-nous ! Julien
- Articles consacrés à cette commission écoféministe :
- Dans la Tribune de Genève : La pire pollution planétaire: le patriarcat

